04 mai 2006

Préoccupations ou comment savoir quoi faire

Ma seule préoccupation depuis maintenant quatre ans en ce bas monde : fin de phrase typiquement nulle "en ce bas monde" que l'on peut placer à n'importe quelle fin de phrase (il existe des tas d'autres types de phrases nulles que tout le monde emploie et qui sont téléphonées depuis des siècles et des siècles, quoiqu'avant le téléphone n'existait pas...), un peu comme si t'étais encore une pré-adolescente pubère (une pisseuse quoi) et que tu dis la fameuse phrase du "j'sais pas quoi faire", qui se prononce vite et ça donne "j'sais pas coiffeur". Donc ma seule préoccupation depuis quatre ans en ce bas monde est d'avoir cinq euros qui traînent quelque part dans le porte-feuille, les poches, le fond du sac ou encore la corbeille à fruits posée sur le frigo. Et donc ces cinq euros salvateurs me permettent d'acheter un paquet de clopes encore plus salvateur. Et pour m'occuper de ma préoccupation première, j'ai décidé de vous faire l'histoire de mes clopes.

Ca remonte donc à quatre ans. Au premier de l'an 2001 exactement. Je le passais à Orléans, chez le tonton X. qui me prêtait gentillement son appart' caché dans une ruelle sombre pour y foutre tout aussi gentillement le bordel avec mes potes. Une fois tous partis le lendemain très tôt dans la matinée pour aller se recoucher cette fois dans un vrai lit et pas par terre les uns sur les autres, je me retrouvais seule à dandiner du cul sur la musique qui passait encore, rangeant un peu l'appart'. Autant dire que je me faisais chier passque moi j'avais plus envie de dormir et j'avais une sacrée nausée qui voulait pas passer. Sûrement la vodka dans le gâteau au chocolat qui passait mal... Et il se trouve que les potes de mon oncle débarquent à l'improviste, j'suis obligée de me rhabiller avant de leur ouvrir et tant pis pour la découverte du champ de bataille. Manque de bol, le tonton X. est pas là, mais ils en profitent quand même pour s'installer et me raconter leur soirée pour qu'ensuite je la raconte à mon oncle. Je suis tant bien que mal les conversations et me voyant piquer du nez ils décident de décamper. Ca me laisse le champ libre pour de nouveau me désapper et faire couler un bain en remettant la musique super fort, histoire de me réveiller et de réveiller les voisins (vendeurs de chaussures au black). Puis en repartant vers la salle de bains, se trouve sur mon chemin : LA clope qu'un des potes au tonton a laissé à moitié entamée. Prise d'une envie soudaine de goûter au goudron (je me dis tant qu'à avoir la nausée, autant que ça soit jusqu'au bout), et de la fumer dans la baignoire (passque j'ai toujours trouvé ça cool de fumer dans une baignoire, un peu star du porno en dépression). Je cherche alors désespérement un briquet dans tous les tiroirs et je fous le bordel partout, comme si c'était pas suffisant. Et trouvant enfin une allumette dans son paquet, je la grille, souffle un coup et tire une taffe. Bon, en même temps, je sais faire tirer une taffe puisque je suis déjà fumeuse de shit (à bon école avec le tonton X.). Vous allez me dire : pourquoi fumer l'herbe et pas la clope ? Bah alors ça c'est une question fort intéressante. Et la réponse est simple. Pas de clopes chez mes parents, ça se sentirait trop et le joint je le fume en fin de journée quand je squat chez le tonton, donc ma mère est rassurée puisque je suis surveillée par son petit frère. Et puis je vais la fumer dans la baignoire ma clope, mais le goût me plaît pas et je l'éteins dans l'eau et je regarde flotter le mégot qui se désagrège dans la mousse. C'est fort dégueulasse, je vous l'accorde. Mais ça m'empêche pas le lendemain d'aller au tabac du coin acheter le premier paquet et le partager avec le tonton qui sera motus et bouche cousue sur cet acte complètement con. Mais voilà, c'est parti, j'ai acheté et ça continue encore.

Le premier paquet devait être un Marlboro rouge. Puis le retour à Clermont où je décide de changer de marque et de me la jouer à fond fan de Serge Gainsbourg et d'acheter des gitanes. Je l'ai fait qu'une fois passque ça m'a vite passé l'envie de cloper ces clopes, plus fort tu meures (quoique les gauloises sans filtres ou le tabac gris c'est gerbant aussi). Alors quelques jours après, je retourne au tabac, à cette époque je fume un paquet toutes les semaines voire les deux semaines et je trouve les Fine rouge très attrayantes par leur grandeur, leur finesse. Clopes de putes de luxe, ça me plaît et je vais fumer ça jusqu'au 18 octobre, concert de Placebo à Bercy. Oui passque ce jour là, dans la file d'attente devant la porte d'entrée, y'a un type méga mignon qui se la joue Brian Molko période Without You I'm nothing. Il parle avec tout le monde et s'amuse à raconter ses frasques dans les boutiques de fringues où on le prend facilement pour une nana et où il achète des robes. Quand j'allume ma Fine sous son nez alors qu'il parle de son dernier eye-liner acheté, il suspend sa phrase "Ouah putain c'est quoi tes clopes ? Echange-moi une contre une davidoff". Echange de bon procédé. Je lui en donne et me voilà avec entre les lèvres une clope d'une blancheur immaculée qui m'irrigue les poumons et me donne le tourni, mes Fine étaient moins fortes. J'embarque son paquet et lui le mien. Et depuis, hommage à ce jeune homme, je ne fume que des Davidoff noires (c'est la couleur du paquet, pas de la clope hein, suivez un peu...). Je me plais à penser que lui ne fume plus que des Fine rouge.

Et puis je pourrais maintenant vous dire que je suis devenue pompier sans le costume et le camion rouge. Un paquet tous les jours à cloper nerveusement dès le réveil. C'est d'ailleurs la seule motivation pour me lever, chercher à tâton le paquet pour aspirer goûlument. Deuxième motivation, se rendormir pour refumer en se réveillant. C'est la meilleure pour moi bien sûr. Rester là dans le lit à peine sortie du coma à inhaler une odeur somme toute dégueulasse. Puis ça me fait penser à ce sketch de Gad Elmaleh où il parle justement de la clope du matin, celle qui te fout la nausée et qui te donne le tourni comme si tu venais de te rouler un splif... A chaque fois j'y pense le matin et ça me fout le sourire. Puis y'a celle ensuite où je reviens de la douche dans mon peignoir avec les cheveux mouillés, histoire de bien ancrer l'odeur pour toute la journée. Puis celle que j'allume en sortant de l'appart' et que j'écrase quand le bus arrive, la jetant sur la chaussée en courant comme une dératée pour pas louper l'heure. Puis toutes celles de la journée qui ont le même goût de "dépêche-toi il fait froid" ou "dépêche-toi on va être en retard". En gros, dépêche-toi de pas la déguster en tirant de longues taffes. Puis celles du soir avant, pendant, après de bouffer (ouais pas de baiser, je baise pas moi) et après toutes les pauses grignotages de la soirée jusqu'à deux heures du mat' (en ce moment c'est vraiment très souvent les pauses kiri-jus de framboise, sans attendre l'heure du crime). Puis bah le lendemain ça recommence.

Jamais essayé d'arrêter. Ah si, une fois cette année, deux semaines, en fumant en cachette une clope tous les soirs. Bon, ça m'a vite gonflé ce rythme. Puis si, j'arrête un peu, quand je vais chez mes parents, je fume avec eux maintenant, mais leurs clopes dég' de Marlboro light, deux voire trois par jour. Ca ralenti le rythme pendant une semaine, mais ça me fait démarrer ensuite au quart de tour dès que je me retrouve sans eux.

Bon, voilà, c'était l'histoire banale de mes clopes dont tout le monde se fiche.

Autre préoccupation ces temps-ci, retrouver un khôl noir waterproof pour m'éviter de ressembler à une défoncée qui vient de se faire troncher en fin de journée. Super important le khôl ! Ouais j'suis superficielle ces derniers jours, j'aime bien ça...

Vous remarquerez aussi que ces derniers jours je m'occupe pas mal à plomber ce blog de notes aussi iuntiles les unes que les autres, tout simplement passque : J'SAIS PAS COIFFEUR !!!! Et ça me fait penser au barbier de Saint-Bruno où tous les gosses arabes ressortent de là avec les cheveux teints en blond pyroxidé. Ils ont trouvé coiffeur eux.

Okay, je craque, j'arrête ici avant de sortir une plus grosse connerie...

~ Oreille ~ Be yourself ~ Fred Avril

Posté par Shotgun à 13:58 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Préoccupations ou comment savoir quoi faire

    alors là je peux pas m'empêcher de commenter tellement je suis morte de rire..le coup du coiffeur..ça c'est du bon craquage!!!
    craque plus souvent ma belle ça te va bien aussi!
    bisouilles

    Posté par Julie, 04 mai 2006 à 21:38 | | Répondre
  • J'me faisais bien rire aussi en l'écrivant tellement je trouvais ça con ! Maintenant que je repasse tous les matins et tous les soirs devant le barbier, j'ai un sourire débile...

    Posté par Anna, 04 mai 2006 à 23:06 | | Répondre
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